Thérèse Raquin; Emile Zola

Novela. Sensaciones. Hombre. Mujer. Belleza. Subjetividad. Verdad

  • Enviado por: Feña
  • Idioma: francés
  • País: Chile Chile
  • 3 páginas
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« UNE DESCRIPTION EST PLUS QUE SEULEMENT DÉCRIRE »
COMMENTAIRE - THÉRÈSE RAQUIN - EMILE ZOLA

Fernanda León
1ère S

Thérèse Raquin est un grand roman de Zola, écrit en 1867. Ce roman a d'abord paru dans un journal. C'est comme ça que Zola a su réveiller l'attention et la curiosité du lecteur. La publication de ce roman a été un succès d'estime et de scandale. Un succès d'estime, car elle a été très bien accueilli par ses nombreuses amitiés littéraires et artistiques et un scandale, car cet ouvrage est traitée de « littérature putride », de ne décrire que des scènes obscènes. On traite l'auteur Zola d'un « misérable hystérique qui se plaît à étaler des pornographies ». Contrairement aux critiques de ces journalistes, ce roman, qui est son quatrième, a un but scientifique. Zola a choisit des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Il a noté scrupuleusement les sensations et les actes d'un homme « puissant » et d'une femme « insatisfaite » en cherchant en eux la bête et en les jetant dans un drame violent.
L'extrait qu'on analysera, se trouve au premier chapitre, du début jusqu'à « et toute couturée de cicatrices ». Il est composé de cinq paragraphes qui décrivent le passage du Pont-Neuf, lieu clé du roman, qui se trouve à Paris, près de la Seine.
Pour nous répondre à la question « quelles sont les fonctions de cet incipit? », dans un premier temps, nous analyserons l'effet de réel qu'il donnera au récit, puis nous verrons une présence d'une certaine subjectivité, et finalement nous chercherons a comprendre la dimension symbolique de cet incipit.

Premièrement, on analysera l'effet de réel que donne cet incipit au récit. Dans les premières 5 lignes du premier paragraphe, les verbes au présent nous indiquent que le lieu décrit (le passage du Pont-Neuf), existait avant et continue à être identique (« lorsqu'on vient des quais » à la ligne 1, « on trouve le passage du Pont-Neuf » à la ligne 2, « qui va de la rue Mazarine à la rue de Seine » à la ligne 3, « ce passage a …» à la ligne 4, « il est pavé de dalles jaunâtres » à la ligne 5). Et le pronom « on » à la ligne 1 et à la ligne 2 généralise, et indique que le lecteur peut vérifier lui-même l'existence du passage du Pont-Neuf. Comme toujours fait Zola, il nous présente une description très précise qui nous fait croire, nous lecteurs, nous faire une représentation mentale et même nous faire présents dans le lieu décrit. Le lieu est en effet mesuré avec des chiffres (« trente pas de long et deux de large » ligne 4 et 5) ; ce lieu est également exploré dans son horizontalité (« à gauche » au paragraphe 3, « à droite » au paragraphe 4), dans sa verticalité (« au-dessus du vitrage » au paragraphe 5) et dans sa profondeur ( « une sorte de corridor étroit et sombre » à la ligne 3, « trente pas de long et deux de large » à la ligne 4 et à la ligne 5). Donc tout est fait pour donner un effet de réel ; le lieu étant réel, les événements fictifs qui s'y déroulent sont gagnés par la contagion du réel.

Lors de cette description qui nous fait croire être dans le réel, l'auteur dévalorise et déprécie ce lieu à travers l'emploi d'un vocabulaire évaluatif fortement péjoratif qui fait appel à différentes sensations visuelles et tactiles. Aux lignes 6 et 7, Zola utilise une gradation pour déqualifier le lieu : «  des dalles jaunâtres, usées, descellées, suant toujours une humidité âcre ». On peut voir qu'il qualifie le lieu comme salle et pour ça, il évoque des couleurs associés a la saleté : « jaunâtre », « noir de crasse », « reflet verdâtre », « une clarté blanchâtre tombe des vitres sales et traîne misérablement dans le passage », « horrible couleur brune ». On remarque la récurrence du suffixe «âtre» à valeur péjorative ainsi qu'une qualification dévalorisante des couleurs. Zola nous fait connaissance de son vocabulaire étendu pour déqualifier en décrivant : « vilains », « dalles gluantes », « ignoble » (adjectifs péjoratifs). Même, il utilise des figures rhétoriques comme une gradation qui rendra le lieu oppressant (« obscures, basses, écrasés ») et il compare les murailles pour les dévaloriser, même il les personnifie avec des lépreux (« comme couverte d'une lèpre et toute couturée de cicatrices »). Aussi, Zola met en place de nombreux mots appartenant au champ lexical de « bizarre » (choses accumulées, ordures, etc.… énumération; accumulation, utilisation de la juxtaposition. Ce lieu est le domaine des apparences, du faux : vitrines « faux bijoux », « objets sans nom », « une sorte de » corridor. D'où on peut déduire que ce que Zola veut nous démontrer est que ce lieu est un lieu répugnant à travers le subjectif.

Oui, le narrateur utilise et nous décrit l'atmosphère à travers l'objectif et le subjectif. Mais comment cette description s'insère dans une dimension symbolique ? Le narrateur nous décrit une atmosphère ténébreuse et oppressante, l'obscurité qui règne ici renvoie symboliquement à la noirceur du roman. La récurrence du champ lexical des ténèbres (« brouillard », « obscures », « ténèbres », « trous lugubres », « formes bizarres ») rapproche ce texte de l'esthétique du roman noir, même le soleil habituellement symbole de clarté ne donne ici qu'une chaleur malfaisante à travers la métaphore « un lourd soleil brûle les rues » aux lignes 6 et7. Zola insiste sur l'obscurité du lieu et s'approche du fantastique en rendant le lieu obscure et oppressant : signes annonciateurs du drame à venir. Dans cet extrait règne également une atmosphère morbide à travers la présence du champ lexical de la maladie et de la mort par les personnifications et les comparaisons qui mettent en place un décor en décomposition (« obscures, basses, écrasées », « des souffles froids de caveau », « couverte d'une lèpre et toute couturée de cicatrices »). Le lexique polysémique est également annonciateur de la mort (« vilains jours d'hiver », «  matinées de brouillard », « nuit salie et ignoble »), les boutiques sont métaphoriquement désignées par des tombes à la ligne 15 (« des boutiques obscures, basses, écrasées, laissant échapper des souffles froids de caveau »). Enfin l'espace décrit par l'auteur ressemble à quelque chose de tragique, une sorte de lieu emprisonné, en effet l'étroitesse du lieu préfigure la dimension tragique du destin des personnages les indices spatiaux (« obscures, basses, écrasées », « d'étroites armoires », « minces planches », « boîte en acajou », « horrible couleur brune mettent en place symboliquement un univers oppressant et fermé d'où il est impossible de s'échapper du drame à venir.

En conclusion, cet incipit décrit toujours minutieusement un quartier de Paris. À cette fonction réaliste, se superpose d'autres fonctions, symbolique et narrative : la mise en place d'une atmosphère morbide. De même, ce passage anticipe le drame à venir du roman, il anticipe en particulier le destin de Camille dont la figure du spectre se trouve suggérée dans «les formes bizarres» qui s'agitent dans le « reflet verdâtre » des boutiques pleines de ténèbres.