Langue français

Philologie français. Langue français. Phonologie. Liaison. Prononciation. Grammaire. Relatives. Pronoms. Syntaxe

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THEME 1

LES NIVEAUX DE LANGUES

Une série de paramètres lorsqu'on parle de niveaux de langues.

Il n'y a pas de coupure franche, mais quelque chose de graduel.

  • Il faut tenir compte du degré de formalité de la situation. La situation peut être plus formelle, neutre, informelle.

  • Il faut tenir compte de la variation sociale : niveau de langue à proprement parlé. On peut parler de français cultivé, français courant, français familier et français populaire. Il n'y a pas de séparation nette entre les différents niveaux de langue.

  • Finalement, il faut tenir compte du support : écrit ou oral. Tous les niveaux peuvent être écrits ou oraux. En principe, le français cultivé est généralement écrit, tandis que les traits populaires se rencontrent généralement à l'oral.

En principe, on distingue 4 ou 5 niveaux de langue :

  • français cultivé,

  • courant,

  • familier,

  • populaire,

  • vulgaire.

  • Le français cultivé

  • On l'appelle aussi français soutenu, soigné, choisi, recherché, élaboré, châtié).

    Il correspond à l'écrit, au français dans lequel on rédige une dissertation par exemple. A l'oral, il peut correspondre au langage d'un discours officiel.

    Il s'emploie dans une situation plus formelle.

  • Le français courant

  • On l'appelle également français usuel, commun, standardisé, neutralisé).

    C'est le français ordinaire, c'est la norme reconnue par les locuteurs natifs. C'est ce qu'on appelle parfois le français standard.

    Il vaut mieux parler de français courant. Personne ne parle le français standard : c'est une abstraction.

    Ces deux premiers niveaux correspondent à la norme.

  • Français familier

  • Il est aussi appelé français ordinaire, relâché, spontané).

    Il s'utilise entre amis ou parents, à la fois pour la communication orale et écrite, mais surtout en langue parlée.

    Il est utilisé dans des situations informelles par des locuteurs de toutes origines sociales. Pratiquement tout le monde utilise le français familier. Cela dépend essentiellement de la situation.

    Il s'utilise à différents degrés.

  • Le français populaire

  • Il est marqué comme non-cultivé, même si certaines expressions sont très courantes dans la langue quotidienne, surtout entre jeunes.

    Il est souvent considéré comme vulgaire ou grossier.

    Il est directement en rapport avec le milieu socio-culturel des locuteurs. Ca marque le locuteur comme appartenant à une sphère sociale donnée.

    Il concerne aussi bien le lexique que les structures grammaticales.

  • Le français vulgaire ou argotique.

  • Parfois, on le met dans le français populaire.

    L'argot concerne généralement le lexique et non la structure grammaticale de la langue.

    L'important est la distinction entre français familier et populaire.

    Le familier est lié au degré de formalité de la situation. Il s'utilise en situation informelle. Ex. : je comprends pas. Cela n'est pas conforme à la langue. Cependant, cette forme sera utilisée par tous les locuteurs (à un moment donné ou un autre), quelque soit leur niveau socioculturel.

    Tout le monde utilise le français familier à des degrés différents.

    Le français populaire lui, est plutôt lié aux distinctions sociales et culturelles. Ex. : j'ai rentré. Cette forme ne sera pas utilisée par tous les locuteurs. Elle indique un niveau culturel bas. Normalement, on dira je suis rentré(e).

    En général, les niveaux du français populaires sont parfois regroupés sous une étiquette de français relâché.

    Les différents niveaux de langues ne sont pas des séparations nettes, mais plutôt un continuum : il y a une gradualité.

    Ils se recoupent et se chevauchent.

    Il est surtout très difficile parfois de trancher entre familier et populaire, puisque les mêmes phénomènes se produisent.

    La notion de niveau de langue correspond à la variation sociale. Tout le monde ne parle pas de la même façon (hommes-femmes, jeunes-vieux, ruraux-urbains, locuteurs qui exercent des professions différentes ou qui ont des niveaux d'étude différents...).

    THEME 2

    LA LANGUE PARLÉE

    La grammaire et le lexique de la langue parlée n'apparaissent pas dans les ouvrages de linguistique. La linguistique et la grammaire se sont occupées traditionnellement de la langue écrite et ont délaissé la langue parlée.

    Il y a beaucoup de préjugés qui pèsent sur la langue parlée : on a tendance à confondre langue écrite avec langue correcte, et langue parlée avec langue familière fautive (qui présente des fautes). C'est une confusion et une affirmation fausse.

    En réalité, chaque individu produit une grande variété de types de français parlés, selon les situations dans lesquelles il se trouve, selon ses interlocuteurs et les sujets dont ils parlent.

    On a commencé à voir récemment l'importance de la langue parlée : cela est en contradiction totale avec les habitudes des grammaires françaises, qui liaient l'étude de la grammaire à celle des textes littéraires. Traditionnellement, les exemples de grammaire étaient pris dans les œuvres des grands écrivains, tout simplement parce qu'on pensait que la grandeur d'une langue dépend de ses grandes œuvres littéraires. Très souvent, les exemples remontent jusqu'au XVIIe siècle (La Fontaine, Madame De Sévigné).

    Les linguistes d'aujourd'hui se préoccupent de décrire la langue parlée et d'intégrer cette description à celle de la langue écrite. On peut souligner les travaux de Claire Blanche Benvéniste.

  • PHONOLOGIE

  • La liaison

  • Elle constitue un indicateur sociolinguistique très fort, qui permet de classer socialement un locuteur (en fonction des liaisons qu'il fait et qu'il ne fait pas).

    Il y a en français des liaisons obligatoires et facultatives.

  • La liaison obligatoire

  • Elle constitue une marque de cohésion grammaticale.

    • Dans le groupe nominal, entre le déterminant et le nom. Ex. : les enfants, mon ami.

    • Dans le groupe verbal, entre le pronom et le verbe. Ex. : on essaie, elles en contiennent.

    • Dans le groupe adjectival, entre l'adverbe et l'adjectif. Ex. : très important.

    • En théorie, elle est obligatoire entre l'auxiliaire et le participe passé également. Ex. : il est arrivé.

    • Entre le verbe être et l'attribut du sujet : Ex. : écrire est un choix.

    Ces deux dernières sont en principe obligatoires, mais elles ne sont pas toujours respectées en français populaire.

  • La liaison facultative

  • Elle dépend de l'appartenance sociale du locuteur ainsi que de la situation de communication (conversation familière ou discours formel).

    Elle constitue une variable socioculturelle. Plus le locuteur est cultivé, plus le nombre de liaisons sera élevé, car la liaison dépend d'une bonne connaissance de l'écrit. Ex. : ils sont arrivés (sans le « t »).

    • En français courant et populaire, la liaison concerne les consonnes « t » et « ze » (« s » sonore).

    • Egalement, moins fréquente, elle concerne le « n ». Ex. : tout à fait, les hommes, un homme.

    • En français cultivé, on ajoute « r » (pour les verbes à l'infinitif). Le plus raffiné est la liaison en « k ». Ex. : qu'un sang impur.

    Exercice

    Des hommes illustres ont attendu.

    Des « z » hommes : obligatoire.

    « hommes « z » illustres : liaison facultative.

    « illustres « z » ont : liaison facultative sauf dans un style très soutenu.

    Ont « t » attendu : liaison facultative assez fréquente. Si l'on ne fait pas la liaison, on se retrouve dans un niveau de français populaire.

  • Fautes de liaison en français populaire

  • Liaison par omission

  • Elle concerne les liaisons facultatives : Ex. : c'est un ... que j'veux (Quenaux, Zazie dans le métro). Il marque avec un « h » entre « c'est «  et « un » pour montrer que Zazie ne fait pas la liaison. « J'veux » montre la chute du « e » muet.

  • La liaison par excès

  • C'est une liaison qui ne devrait pas être faite. Liaison mal « t » à propos. Cela marque très négativmeent la connaissance du français écrit. Ex. : les inscrits et les non « z » inscrits. Vous y allez, moi « z » aussi. Il va « t » y avoir des gelées. « z » yeux dans les yeux. Donne-moi « z » en au lieu de donne m'en.

  • Les facilités de prononciation

  • Tous les locuteurs produisent dans les conversations familières un certain nombre de « fautes » banales que personne ne remarque. Plutôt que des « fautes », ce sont des déviations par rapport à la norme.

  • Prononciation rapide

  • Elle est plus marquée dans certaines régions que dans d'autres. Par exemple, dans le midi de la France, on prononce davantage de « e » muets que dans le nord de la France.

    Exemples :

    • Français relâché : pask, mainant, ptête, m'enfin, pi, entsous, des arbes, c't-à-dire, vlà, ya, yen avait.

    • Français courant : parce que, maintenant, peut-être, mais enfin, puis, en-dessous, des arbres, c'est-à-dire, voilà, il y a, il y en avait,

    • En français familier,

  • le « e » muet a tendance à disparaître. Ex. : je n'peux pas.

  • Pour le mot « il », le « l » final a tendance à ne pas se prononcer devant une consonne. Ex. : i vient, i viennent.

    • En français relâché :

  • on aura : ch'peux pas. C'est le « j » qui s'assourdit qui donne « ch ».

  • autant qu'yen faut. Il s'agit d'un phénomène de « yod ».

  • LA GRAMMAIRE

  • Tous les locuteurs font des infractions à la norme grammaticale sur certains points bien connus.

  • La négation

  • La négation française est double, c'est-à-dire qu'on a normalement ne pas, ne jamais, ne plus, ne rien.

    Mais en français familier, « ne » tend à être absent. Cela se constate dans 80% des cas dans les conversations. Ex. : Il savait pas encore pourquoi. Je peux pas. Il vient jamais. Tu comprends pas ? C'est pas nous qui les avons décidés.

    « Ne » est omis également dans des injonctions négatives. Ce sont des énoncés qui impliquent un ordre, généralement à l'impératif.

    1.1 Les injonctions

    Français courant :

  • Forme affirmative : vas-y ; les pronoms compléments suivent toujours le verbe. Regarde-moi.

  • Forme négative : n'y va pas : les pronoms compléments précèdent le verbe. Ne me regarde pas.

  • Français familier

  • Forme affirmative : pareil qu'en français courant.

  • Forme négative : Y va pas, le mange pas, me regarde pas. Il utilise la forme négative du français courant mais sans le « ne ».

  • Français populaire

  • Forme négative : vas-y pas. Il utilise l'ordre affirmatif suivi de « pas » qui marque la négation. Mange-le pas. Regarde-moi pas.

  • Français familier populaire (structures très récentes). Elles ont toutes un impératif à la forme négative.

    • Pas touche (manos fuera)

    • T'occupe

    • T'inquiète.

    Ces deux dernières formes sont interprétées comme un ordre négatif, parce que l'ordre des mots pronom-verbe, est identique à celui du schéma classique.

    Cependant, on trouve quelques formes affirmatives donnant des ordres :

    - la ferme (français familier)

    - Ferme-la (français familier populaire)

    - boucle-la (français populaire).

    1.2 Omission du « ne ».

    On omet « ne » de préférence dans les cas suivants :

  • Facteurs phonétiques 

  • Le français tend à avoir un ordre consonne-voyelle, consonne-voyelle. On évite normalement deux voyelles de suite. Ex. : nous n'arrivons pas (français courant) = nous arrivons pas (français familier). Il n'a pas travaillé (français courant) = il a pas travaillé / i n'a pas travaillé (français familier). I a pas travaillé (on ne peut pas avoir 2 voyelles qui se suivent).

    Tu n'arrives pas (français courant). Tu arrives pas (français familier, mais très peu souvent utilisé : la prononciation de deux voyelles consécutives ne se fait pas énormément). On dira plutôt, en français familier, t'arrives pas (on assiste à l'élission du « u » afin de retrouver l'ordre phonétique traditionnel, consonne-voyelle, consonne-voyelle).

  • Facteurs grammaticaux :

  • Lorsqu'il y a « rien » ou « personne » comme sujet, « ne » se maintient.

    Avec un sujet nominal, « ne » a tendance à se maintenir. Ex. : mon frère ne l'aime pas.

    L'omission du « ne » est fréquente avec les verbes « avoir », « être » et « pouvoir » en français familier. Ex. : j'ai pas, c'est pas, il peut pas.

    On l'omet moins avec « rien », « personne «  ou « guère ».

  • Facteurs stylistiques et sociaux

  • L'emploi et la fréquence de « ne » dépend surtout de la situation de communication.

    « Ne » est omis davantage dans les conversations ordinaires.

    On le conserve plus dans un récit, une argumentation, un cours magistral, etc.

    L'emploi de « ne » dépend également du degré de surveillance.

    « Ne » est plus fréquent avec « vous » qu'avec « tu ».

    Il dépend aussi du débit : vitesse à laquelle on parle. Lorsqu'on parle lentement, on utilise davantage « ne ».

    A l'écrit, « ne » se conserve pratiquement toujours. L'absence de « ne » à l'écrit est rare. C'est signe d'un niveau culturel très bas. Cela peut se produire égalment lorsqu'on écrit comme on parle (courrier électronique).

    Par contre, à l'oral, même des personnes d'un niveau culturel élevé omettent « ne ».

    En français cultivé, certains verbes admettent la négation avec « ne » uniquement : croire, oser, pouvoir, cesser, savoir. Ex. : Je n'ose le croire. Je ne puis le croire. Il ne cesse de me le répéter.

    La négation en « ne ... que » est d'un niveau de français courant. En général, en français familier, il y a l'omission du « ne ».

  • L'interrogation

  • Le français présente 3 structures différentes pour marquer une interrogation.

    Il existe des questions ouvertes et des questions fermées.

    Les questions ouvertes sont celles pour lesquelles il est nécessaire de formuler une aute réponse que par oui ou part non. Ex. : Quand Piere arrive-t-il ? Pierre arrive demain. Ici, il serait impossible de répondre « oui » ou « non ».

    Les questions fermées eles, exigent une réponse par « oui » ou par « non ». Ex. : Fumez-vous ? Non.

  • Postposition du sujet

  • En français cultivé, l'interrogation peut être marquée par la postposition du sujet. Ex. : Fumez-vous ? Pierre arrive-t-il demain ?

    Ceci s'appelle une question fermée : on ne peut y répondre que par oui ou par non.

    Les questions ouvertes sont des demandes d'informations. Ex. : Quand Pierre arrive-t-il ? On n'aura jamais, dans les questions fermées, l'inversion simple verbe-sujet. Ex. : Arrive Pierre ?

    Par contre, l'inversion verbe-sujet peut avoir lieu dans certaines questions ouvertes. Ex. : Fumez-vous ? Cela sera rare dans une conversation. Par contre, avec le pronom « il », la structure est plus acceptable à l'oral. Fume-t-il ? ON aura ce genre de question si l'énoncé se poursuit. Fume-t-il toujours autant qu'avant ?

    Avec un sujet « je », la postposition est inusitée aujourd'hui. Ex. : Fumé-je ? Cours-je ?

    Ce type de structure avec un sujet postposé sont possibles dans une conversation de type formel, dans un certain nombre de formules : Ex. : Désirez-vous telle chose ? c'est possible à l'oral mais c'est du français soutenu. Pourriez-vous faire ceci ou cela ? Puis-je avoir de l'eau ? Que dis-je ? Il s'agit en fait d'expressions plus ou moins figées.

    Ces structures sont plus courantes dans les questions ouvertes : Ex. : Où allez-vous ? Combien valent-ils ? Que dois-je répondre ? Il s'agit encore une fois de français soutenu. Il faut donc être dans une situation formelle. Lorsqu'on utilise ces structures à l'oral, nous obtiendrons du français familier.

  • Avec la formule « est-ce que »

  • Cette formule permet de conserver l'ordre direct de l'énoncé assertif. Ex. : J'écris (énoncé assertif). On obtiendra : Est-ce que j'écris ? cette formule permet de garder l'ordre sujet-verbe.

    Avec un sujet nominal, on aura la chose suivante : Ex. : les bombardements effectués par les forces alliées ont cessé (énoncé assertif). On obtiendra donc : Est-ce que les bombardements effectués par les forces alliées ont cessé ?

    Cette seconde structure correspond essentiellement au français courant et familier.

    Même en français cultivé, on emploie « est-ce que » avec « je ». Ex : Est-ce que j'écris ? On ne dira pas : écris-je ?

    Un exemple avec une question ouverte serait : quand est-ce que vous partez ?

  • Conservation de l'ordre direct de l'énoncé assertif

  • Cette structure consiste à conserver l'ordre direct de l'énoncé assertif. Ex. : Vous fumez (assertion). Vous fumez ?

    A l'oral, l'interogation est marquée par l'intonation, et par le point d'interrogation à l'écrit.

    Cette structure est la plus employée en français familier et populaire. Même en français courant, elle est fréquente pour les questions fermées.

    On peut donc observer une différence de niveau de langue entre les 3 structures.

  • Les questions ouvertes en situation informelle

  • Ces questions sont conservatrices. Elles acceptent bien la postposition du sujet. Ex. : Où habite Pierre ? Le sujet nominal est postposé (placé derrière le verbe.

    On a exactement les 3 mêmes structures que pour les questions fermées.

    2.4.1 Sujet postposé

    Où vas-tu ? Niveau de langue soutenu. Situation formelle.

    2.4.2 Avec « est-ce que »

    Où est-ce que tu vas ? Français courant, familier.

    En français populaire, on aura « c'est » à la place de « est-ce que ». Ex. : Où c'est que tu vas ? On aura également : C'est où que tu vas ? IL y a une mise en relief du «  ». On peut même avoir : Où est-ce que c'est que tu vas ? Combinaison de « c'est » avec « est-ce que ».

    2.4.3 Ordre direct

    Où tu vas ? Français populaire ou familier.

    On peut avoir : Tu vas où ? Ici, le mot interrogatif est placé à la fin. C'est également du français populaire.

    Une forme encore plus populaire sera : Où que tu vas ? Ici, introduction du « que » après le mot interrogatif. Cela est très caractéristique du français populaire.

  • Questions introduites par « que »

  • On aura : Que veux-tu ? (français soutenu).

    Français courant : qu'est-ce que tu veux ?

    Français familier : qu'est-ce que c'est que tu veux ? En français populaire, on aura : qu'est-ce tu veux ?

    En français familier, on peut remplacer « que » par « quoi » : C'est quoi que tu veux ? C'est du français familier populaire. On aura aussi : Tu veux quoi ?

  • Questions avec un sujet nominal

  • 2.6.1 postposition

    Où Jean va-t-il ? (français soutenu).

    2.6.2 « est-ce  que »

    Où est-ce que Jean va ? Français courant.

    Où est-ce qu'il va Jean ? On observe une dislocation du sujet à droite (Jean). Cette structure est très courante à l'oral en français courant et familier.

    En français familier, on rajoute un pronom avec le groupe nominal. Il essaie de rétablir l'ordre direct.

    2.6.3 Ordre direct de l'énoncé assertif

    Jean il va où ?

    Il va où Jean ? Dislocation du sujet à droite (c'est-à-dire qu'on a l'ordre pronom-verbe et que l'on répète le sujet après le verbe).

  • Questions indirectes

  • La postposition du sujet est usitée (employée) dans les questions directes. Ex. : Pourquoi ris-tu ? (français soutenu). Le sujet est placé derrière le verbe.

    En revanche, cette postposition du sujet n'est pas possible dans les questions indirectes. Ex. : Je te demande pourquoi tu ris. L'ordre sujet-verbe reste le même que pour un énoncé assertif. On est en français courant.

    Cette structure rejoint le familier : Ex. : Pourquoi tu ris ?

  • Variantes familières et populaires.

  • Je te demande pourquoi c'est que tu ris. Français familier.

    Je te demande pourquoi est-ce que tu ris. Cette structure n'est pas conforme à la norme. Le français courant n'accepte pas cette postposition (« est-ce que » dans une interrogation indirecte). Il est absolument nécessaire de garder l'ordre direct. Cette structure reproduit la question directe correspondante : Pourquoi est-ce que tu ris. Ca l'insert dans le style indirect. Le niveau de langue est familier populaire.

    Je te demande pourquoi que tu ris.

    Je lui ai demandé ce qu'elle pensait : français courant.

    Je lui ai demandé qu'est-ce qu'elle pensait : français familier populaire. Cette structure reproduit en style indirect la question directe correspondante en français courant : Qu'est-ce que vous pensez ? En l'insérant dans le style indirect, cette structure devient du français familier.

  • Les relatives

  • Subordonnées relatives en français soutenu et courant

  • Le système du français standard est particulièrment complexe. Ex. : Les soldats qui patrouillaient étaient américains. Les soldats que nous avons vus étaient américains. La dame dont le chien aboyait est ma voisine. L'ami à qui j'ai envoyé le message était parti. Le bureau où je travaille est au troisième étage.

    Le pronom relatif a une double fonction : tout d'abord, il marque le rapport à l'antécédent. D'autre part, il marque la fonction syntaxique dans la subordonnée.

    Dans le premier exemple, « qui » est sujet du verbe de la subordonnée relative puisqu'il reprend « les soldats ».

    Dans le deuxième exemple, « que » est complément d'objet direct : il reprend « les soldats ». Nous avons vu qui ? Les soldats.

    « Dont » est complément du nom « chien » ; il remplace souvent un complément du nom introduit par « de ».

    « à  qui » a pour antécédent « l'ami » ; il est complément d'objet indirect (j'ai envoyé le message à cet ami) ; en français standard, comme « ami » est un nom animé, on est obligé de mettre « à qui ». Par contre, on mettra « auquel » pour un nom non-animé (le livre auquel je pense ».

    «  » a pour antécédent « bureau » ; c'est un complément circonstanciel de lieu (je travaille dans ce bureau).

    Ce sont des formes simples.

    Les formes dérivées sont celles de « lequel », qui en principe, ne s'emploient pas avec des noms animés. Ex. : Les raisons pour lesquelles il a démissionné ... Le problème auquel je réfléchis.

    Le système du français standard a été mis en place par les grammériens du XVIIe siècle, de façon un peu artificielle. Ce système n'est pas toujours suivi. Il est très difficile à maîtriser.

    En particulier, les formes en « lequel » n'ont jamais été très fréquentes. Le locuteur francophone domine mal le système des relatives. L'emploi de celles-ci permet de classer les locuteurs selon leur niveau social et culturel.

  • Français populaire : le décumule des relatifs

  • Le français populaire a réduit le système des relatives. Là où le français standard utilise « dont », « qui », « que », le français populaire lui, utilise toujours « que ».

    Exemples :

    • Français courant : l'homme dont je connais le frère. (« dont » complément adnominal de « frère »). L'homme à qui j'envois un message. (antécédent de « à qui » : homme. Fonction : complément d'objet indirect). L'homme que j'ai frappé (antécédent de « que » : l'homme. Fonction : complément d'objet direct).

    • Français populaire : l'homme que je connais son frère. L'homme que je lui envois un message. L'homme que je l'ai frappé.

    On a « que » à chaque fois. Ce relatif « que » du français populaire marque uniquement le rapport à l'antécédent. Il fait le lien entre l'antécédent et la relative. En revanche, il ne marque pas la fonction syntaxique. Elle est marquée par les pronoms « le » « lui », ou par le déterminant possessif « son ».

    Les deux fonctions des relatifs standards (« qui », « que », « dont », etc) sont divisées entre « que » et par ailleurs « le », « lui », « son », etc. C'est la raison pour laquelle on parle de décumule des relatifs.

  • « qui », « que » et «  »

  • Le français familier utilise « qui » très souvent, sous une forme élidée, « qu' ». Ex. : Un p'tit vieux qu'a une bonne retraite. Tous ceux qui pouvaient pas rentrer qu'étaient dehors (todos los que no podían entrar estaban fuera). Méfie-toi des clébards qu'aboient pas (desconfía de los perros que no ladran).

    A chaque fois, le « qu' » remplace un « qui », donc un sujet.

    En français courant, « qui » ne s'élide pas.

    Autres exemples de relatives en français populaire :

    • Les bateaux qu'i zarrivent. Ici, le « qu'i » est en fait un décumule des relatifs. Pour marquer la fonction syntaxique, on utilise « ils » mais également élidé.

    • Un truc qu'ça va vous intéresser. Ici, décumule. On a d'abord « que » puis « ça » pour marquer la fonction syntaxique.

    • Il a été éjecté de la voiture par le choque qu'i ya eu, qu'ça a ouvert la portière. Décumule : « que » pour la référence à l'antécédent. « ça » pour marquer la fonction syntaxique. Traduction : salió despedido del coche por el golpe que hubo que abrió la puerta.

    Ce sont des emplois très populaires, qui dénotent très souvent un manque de culture.

    3.3.1 « qui »

    Lorsque « qui » précède une consonne, parfois on n'entend pas la différence entre le français courant et le français populaire. Ex. : L'homme qui travaille (français courant). L'homme qu'i travaille (français populaire. Au pluriel, on observe le même phénomène.

    Par contre, au féminin, on observe la différence. Ex. : Les femmes qui travaillent (français courant). Les femmes qu'elles travaillent (français populaire). Ici, le « elles » nous fait nettement entendre la différence entre français courant et français populaire.

    Avec des verbes, on note également la différence entre les deux niveaux de langue. Ex. : C'est moi qui conduit (français courant). C'est moi que je conduis (français populaire). La différence s'observe très nettement.

    3.3.2 «  »

    Le pronom « où » se conserve davantage que le « que ».

    Cependant « que » peut remplacer «  », en français populaire, lorsqu'il y a un rapport temporel. Ex. : Le jour que ça va pas (français populaire). En français courant, on obtient : Le jour ça ne va pas (el día en que las cosas no van bien). On était à la maison la fois que tu faisais les choux (français populaire). On était à la maison la fois où tu faisais les choux (estabamos en casa el día en que hacías las coles).

    Parfois, on peut avoir « que » pour marquer le lieu. Ex. : le fameux cinéma qu'on s'était donné rendez-vous vient de fermer (français populaire). En français courant, on aurait : Le fameux cinéma (l')on s'était donné rendez-vous vient de fermer (el famoso cine donde habíamos quedado, acaba de cerrar).

  • Les relatives défectives

  • Le colis que j'te parlais (français populaire). En français courant, on aura, Le colis dont je te parlais.

    Il y a une chose qu'il faut faire attention (français populaire). Il y a une chose à laquelle il faut faire attention (hay algo con el que hay que tener cuidado).

    Avec ce troisième système, « que » marque à lui seul la relative. La fonction syntaxique elle, n'est pas marquée.

    Ces relatives défectives sont plus courantes en français populaire que le décumu du relatif. Cependant, cette structure ne correspond aucunement à la norme.

    L'ami avec qui je suis sortie (français courant). En situation de décumul du relatif, on aura : le copin que je suis sortie avec lui. La relative défective correspondante sera : le copin que je suis sortie avec.

    Les relatives défectives ne spécifient pas les fonctions grammaticales. Elles peuvent être ambiguës. Ex. : l'homme que j'te parlais (ici, il n'y a pas ambiguïté). L'homme que je parle (ici, ambiguïté : ou bien).

    3.5 Comment les locuteurs utilisent les relatives

    Tous les français, y compris les plus éduqués, ont tendance à faire des fautes sur le genre et le nombre du relatif « lequel ». Ex. : Des chantiers sur lequel il faisait froid. Une utilisation de la langue dans lequel il y a plusieurs paramètres (una utilización de la lengua en la que hay varios parámetros).

    Commenter des chiffres dont on n'est pas sûr de la validité, de la solidité, ce n'est pas une bonne méthode.

    Une faute très fréquente que produisent même les locuteurs les plus instruits, est celle qui consiste à utiliser que à la place de dont avec des verbes comme avoir besoin, s'apercevoir, être content, prendre conscience. Ce sont des verbes dont la construction se fait toujours avec la préposition de derrière, ce qui oblige à utiliser le relatif dont. Ex. : tu sais pas si tu as acheté quelque chose qui correspond à ce que tu as besoin. En français courant, on aura : Tu ne sais pas si tu as acheté quelque chose qui corresponde à ce dont tu as besoin (no sabes si has comprado algo que corresponde a lo que necesitas). Mais il y a des choses qu'on s'apperçoit pas. Français courant : Il y a des choses dont on se s'apperçoit pas (pero hay cosas de las que uno no se da cuenta). Et pour un outil que le client n'était pas content, ça vous est djéà arrivé qu'il vienne vous dire : « ah, il marchait pas ». En français courant, on aura : Et pour un outil dont le client n'était pas content, vous est-il déjà arrivé qu'il vienne vous dire : « ah, il ne marchait pas » (Y para una herramienta con al que un cliente no estaba contento, ya le ha ocurrido que vuelva a decirle : « no funcionaba »). Enfin c'est des sensations que tu prends pas vraiement conscience. Français courant : Enfin ce sont des sensations dont tu ne prends pas vraiment conscience. Ce que je peux dire que j'ai horreur c'est le vaudeville. En français courant : Ce dont je peux dire que j'ai horreur, c'est le vaudeville (lo que puedo decir que me horroriza es el vaudeville). C'est ce qu'on peut s'attendre. Français populaire : c'est ce à quoi il faut s'attendre (es lo que es de esperar).

    Ce qu'il faut voir es qu'en français populaire on peut trouver « ce que » là où on attendrait les formes « ce dont » ou « ce à quoi ». En français courant, on aura : commenter des chiffres de la validité desquels, de la solidité desquels on n'est pas sûr, ce n'est pas une bonne méthode.

    Même chez les locuteurs les plus entraînés, les emplois de « dont » comportent souvent la faute qui consiste à mettre un nom lui-même complété par un complément introduit par « de ».

  • LES PRONOMS

  • « nous » et « on »

  • En français parlé, « nous » est normalement remplacé par « on ». Ex. : On va au cinéma ce soir (on dirait normalement, Nous allons au cinéma ce soir).

    Ceci n'est possible que lorsque « nous » est le sujet, puisque « on » ne peut avoir que la fonction sujet. Le pronom complément restera toujours « nous ». Ex. : Il nous ont vu.

    On emploiera « nous » pour emphatiser « on ». Ex. : Nous, on habite en face de la gare (nosotros, vivimos frente a la estación).

    « Nous » peut se combiner avec « autres ». On obtient : « nous autres ». Ex. : Eux ils sont allés au cinéma, mais nous autres, on est restés à la maison (ellos fueron al cine, y nosotros los demás, nos quedamos en casa). Attention, bien que « on » soit un pronom de la troisième personne du singulier, on est obligé d'accorder le participe passé avec le verbe « être » étant donné qu'il est considéré comme un « nous ». On appelle cela un accord selon le sens.

    Le possessif « notre » ou « nos » continue à être utilisé avec « on ». C'est ainsi qu'on aura : Nous on prend notre voiture.

    Avec les verbes réfléchis (los verbos reflexivos), on aura : Nous, on s'amuse plutôt que nous, nous nous amusons. Si on se dépêchait au lieu de si nous nous dépéchions (si nos diéramos prisa).

    « on » est très couramment utilisé dans la langue parlée à la place de « nous » ; il correspond au français familier.

    D'après une étude, des politiciens parlant à la télévision ont utilisé « on » trois fois pour deux emplois de « nous ».

    Dans une situation moins formelle, le rapport entre « on » et « nous » est de 5 à 1 : on aura « on » 5 fois pour une fois « nous ».

  • « ce », »ça » et « cela ».

  • « Cela » appartient à un niveau de langue soutenu. IL n'est pas utilisé en français familier, où l'on emploiera « ça » de préférence.

    De la même façon, « ça » est inexistant en français soigné et plutôt rare en français courant (mais tout à fait possible).

    On emploiera forcément « ce » avec le verbe « être ». Ex. : C'est, ce sont..

    Parfois « ce » et « ça » peuvent alterner. « ça » est toujours le plus familier des deux. Ex. : Ce sera, ce serait (français courant ou soutenu) ; ça sera, ça serait (français familier).

    « Ce » est le sujet du verbe « être », « pouvoir être » et « doit être ». Ex. : ce peut être vrai ;

    Pour le reste des verbes, c'est « ça » et non pas « ce » qui est employé en français familier. Le français courant et soutenu dira « cela ». Ex. : Ca me plaît (français familier) ; cela me plaît (français courant/soutenu). Ca marche bien (français familier) ; cela marche bien (français courant/soutenu). Ca l'inquiète (français familier) ; cela l'inquiète (frnaçais courant/soutenu) ; ca arrive (familier) ; cela arrive (courant/soutenu : son cosas que pasan) ; ça ne sert à rien d'insister (familier) ; cela ne sert à rien d'insister (soutenu/courant).

    Il y a beaucoup d'expression avec « ça » qui n'ont pas d'équivalent en français courant. Ex. : Ca va (familier) mais pas cela va (courant : comment allez-vous).

  • Les constructions impersonnelles

  • Le pronom « il » fonctionne comme un sujet impersonnel en frnaçais standard (courant/soutenu) dans les cas suivants :

  • Il est impossible de traduire cette phrase. ON a « il » avec le verbe « être » précédent un adjectif (« impossible ») et suivi de « de » plus infinitif (« de traduire »). Remarque : Sin on enlève ce qu'il y a derrière « impossible » il faut obligatoirement enlever le « il » et mettre « c'est » à la place.

  • Avec les verbes impersonnels : « il faut que », « il s'agit de », « il y a ».

  • Avec des verbes employés impersonnellement : « il arrive que » (sucede que...), « il paraît que » (parece ser que), « il suffit que » (plus subjonctif), « il suffit de » (plus infinitif), « il vaut mieux » (más vale).

  • Avec des verbes ou des expressions atmosphériques : « il pleut », « il neige », « il fait du vent ». Avec des expressions marquant le temps : « il est dix heures » (son las diez), « il va être midi » (van a ser las doce).

  • En français familier, « il » impersonnel a perdu pratiquement toutes ees fonctions et ne s'emploie plus ou très peu.

  • En français familier, on emploie « ce », « ça », me^me en français écrit. Ex. : C'est difficile de le faire (en français standard, on aurait : il est difficile de le faire).

  • « Il » impersonnel est omis en français familier avec les verbes impersonnels : faut essayer (hay que intentarlo). S'agit pas d'ça (français courant : il ne s'agit pas de ça (no se trata de eso)). Y'a un petit problème (courant : il y a un petit problème (hay un pequeño problema)).

  • « Il » impersonnel est omis également avec les verbes employés impersonnellement : paraît qu'il était pas là (parece ser que no estaba allí) ; reste plus grand-chose (courant : il ne reste plus grand-chose (ya no queda gran cosa/casi nada)) ; suffit d'attendre (courant : il suffit d'attendre (basta con esperar/no hay más que esperar)) ; vaut mieux pas (courant : il vaut mieux ne pas (es mejor que no)). il arrive qu'il neige sur la côte d'Asur (ici, on n epeut pas enlever le « il »). « Il est venu beaucoup de monde » : cette expression est caractéristique du français soutenu (ici, le sujet est « beaucoup de monde ») ; « il » prend la place su dujet et le sujet lui, passe derrière. Il n'y a pas d'équivalent exact en français familier : ya beaucoup de gens qui sont venus. Il se produit à peu près le même phénomène avec des groupes indéfinis ou de quantité.

  • Avec des verbes ou des expressions atmosphériques : ça pleut (très familier) ; ça a gelé pendant la nuit.

  • Par contre, « ça » ne remplace pas « il » dans les cas suivants :

  • Avec le verbe « faire ». Français courant : il fait beau, n'est-ce pas (familier : fait beau, hein) ;

  • Avec les expression de temps : il est dix heures, il va être midi. On conserve le « il ».

  • Lorsque « il » impersonnel est omis, « ne » disparaît également. Ex. : il ne faut pas oublier (standard) ; faut pas oublier (familier) ; il n'y a qu'une solution (standard) ; ya qu'une solution (familier (sólo hay una solución)) ; il n'y a pas que Jean qui joue (standard (Juan, no es el único que juega)) ; ya pas que Jean qui joue (familier) ; il n'y a qu'à changer ce côté (standard (sólo hay que cambiar de lado) ; ya qu'à changer de côté (familier).

  • Autres structures caractéristiques de l'oral

  • La dislocation

  • Cette maison, elle était toujours là. Traditionnellement, on appelait ça une redondance, mais il s'agit d'une dislocation à gauche.

    Je lui ai rien fait à cette femme : dislocation à droite (« lui » annonce la dislocation à droite) ;

    On en parlait souvent de ça : dislocation à droite (« en » annonceur de la dislocation à droite).

    Vous les connaissez ces gens ? dislocation à droite (« les » annonceur de la dislocation à droite).

    5.2 Structures populaires

    Il existe d'autres structures moins répandues qui sont plutôt populaires. Ex. : Allez au docteur (Courant : aller chez le docteur). Mettre quelque chose dessus la table (courant : mettre quelque chose sur la table). C'est nous qu'on le faisait (courant : c'est nous qui le faisions). Pour pas qu'ils le sachent (courant : pour qu'ils ne le sachent pas).

  • Au niveau du lexique

  • On voit aussi qu'une partie des français, même des gens d'un niveau culturel élevé, utilise en privé un vocabulaire familier qui double leur vocabulaire plus soigné.

    • Lexique du français courant : manger. Partir. Un livre. De l'argent. Travailler. Le travail. Les chaussures. L'eau. La chambre. Le vin. L'entreprise. Le frère.

    • Lexique du français familier : bouffer. Se casser (se barrer, se tirer, filer, mettre les voiles). Un bouquin. Du fric. Bosser. Le boulot. Les pompes (les godasses). La flotte. La piaule. Le pinard. La boîte. Le frangin.

  • Représentation littéraire du français parlé

  • Certains écrivains utilisent une représentation littéraire du français parlé : Céline, Queneaux, Margueritte Duras...

    Soit ils rédigent comme si c'était du français parlé, soit les personnages parlent un français populaire ou familier (dans des textes littéraires).

    Cependant, ce n'est pas une image exacte de l'oral. Ca n'est jamais une transcription mais une représentation du français parlé à des fins littéraires.

    Ce n'est pas une image exacte, parce qu'en règle générale, ils insistent sur certains phénomènes (des fautes de syntaxes, un lexique familier) et ils en négligent beaucoup d'autres.

  • LA SYNTAXE DU FRANÇAIS PARLÉ

  • Le français moderne n'a pas de désinences casuelles. En ancien français, il y avait deux cas : un cas sujet (ancien nominatif latin) et un cas régime (ancien accusatif latin). Ces désinences ont disparu vers la fin du XVIIIe siècle. A ce moment-là, l'ordre des constituants devient très important. Ce n'est pas la même chose de dire : Pierre bat Paul que Paul bat Pierre. L'ordre des mots est fixe en français : sujet, verbe, x.

    En français, l'ordre canonique serait le suivant : sujet, verbe, x (attribut, complément d'objet (direct ou indirect), complément circonstanciel (facultatif), un deuxième complément circonstanciel « facultatif)).

    On dit d'une phrase qu'elle est canonique quand elle répond aux normes les plus habituelles de la grammaire. C'est ainsi que la phrase Jean a téléphoné hier est canonique. Par contre, si on dit hier, Jean a téléphoné, la phrase n'est plus canonique car il y a dislocation à gauche (« hier »).

    Le français peut employer différents procédés emphatiques. Ce sont des procédés d'insistance ou de mise en relief.

  • La dislocation de la phrase

  • On l'appelle aussi « le détachement ».

    Un énoncé canonique peut être disloqué ou segmenté par la suite du détachement d'un constituant à son début ou à sa fin. On parlera alors de dislocation à gauche ou à droite. Ex. : Marie est partie (énoncé canonique) ; Marie, elle est partie (dislocation à gauche (« Marie ») ; « Elle » est un pronom de reprise. Elle est partie Marie (dislocation du sujet (« Marie ») à droite).

    Parfois, le pronom de reprise est considéré comme une redondance. Ex. : Ma mère elle a dit (typique du français familier et surtout à l'oral). Ton papa il boit beaucoup.

    Traditionnellement, on parlait de redondance du nom et du pronom. Maintenant, on parle de dislocation.

    Les dislocations sont très fréquentes à l'oral en français courant, familier et populaire. C'est une caractéristique de l'oral.

    La fréquence des énoncés disloqués peut arriver à 50% en français familier et populaire.

    Le groupe nominal sujet est disloqué plus fréquemment que le groupe nominal objet. La dislocation du group nominal objet direct est plus fréquente que celle du groupe nominal objet indirect.

    La dislocation à gauche est plus fréquente pour les sujets, tandis que la dislocation à droite est plus fréquente avec un groupe nominal objet direct ou indirect.

    La fréquence des dislocations varie cependant en fonction du degré de formalité et de l'identité du locuteur. Elle est particulièrement fréquente chez les jeunes.

  • Le sujet disloqué

  • Le sujet disloqué est généralement repris par « il » ou « elle » (pronom de reprise). Cependant, il peut être repris aussi par ça ou ce avec le verbe être. Ex. : Les hommes ça ne sait pas se débrouiller tout seul. (français familier, légèrement péjoratif). Les moutons c'est bête.

  • Le groupe nominal objet

  • Le groupe nominal objet direct ou indirect peut être aussi disloqué. Ex. : Marie je la connais bien (complément d'objet direct disloqué à gauche ou détaché en position frontale). Je la connais bien Marie (dislocation à droite). Les voyages, Marie adore ça (« ça » pronom de reprise, dislocation à gauche). On lui a offert un beau cadeau à Marie (dislocation à droite). Ici, on note que la préposition « à » est obligatoire lorsque le COI est disloqué à droite.

    Le complément d'objet indirect peut être disloqué à gauche. Ex. : Marie on lui a offert un beau cadeau. Lorsque le complément d'objet direct est disloqué à gauche, la préposition « à » disparaît le plus souvent).

    Les dislocations à droite et à gauche correspondent à une thématisation. Cela signifie que l'élément disloqué est un thème. Il s'agit d'un élément connu qui a déjà été mentionné. Le reste de lénoncé correspondra au rhème (information nouvelle ou l'apport d'information). Ex. : Marie je la connais bien (« Marie » est le thème ; « je la connais bien » est le rhème). Cela implique qu'on a déjà parlé de Marie au-paravant.

    La reprise peut se faire par les pronoms « en » et « y ». Ex. : Du vin, Marie en boit tous les jours (reprise de « du vin » par « en »). Ici, on emploie « en » comme pronom de reprise parce qu'il reprend un COD introduit par un article partitif. Il lui en faut beaucoup de nourriture (reprise de « beaucoup de nourriture » par « en »). Ici, la reprise par « en » se fait parce qu'il reprend un COD introduit par un adverbe de quantité. J'y vais deux fois par an à Paris (reprise de « Paris » par « y »).

    Avec d'autres prépositions :

    • « Avec »  : J'aimerais bien partir avec Jean (énoncé canonique) ; dislocation à gauche possible : Jean, j'aimerais bien partir avec lui (français courant) ; Jean, j'aimerais bien partir avec (français populaire, très familier) . Par contre, la dislocation à droite est impossible.

    • « De » : ex. : La soeur de Jean est arrivée (énoncé canonique). On a affaire à un groupe nominal avec un complément adnominal (ou complément du nom) Le groupe nominal peut être entièrement disloqué. Elle est arrivée la sœur de Jean (dislocation à droite) ; La sœur de Jean, elle est arrivée (dislocation à gauche) ; mais on peut dire aussi : Jean, sa sœur est arrivée (français familier). C'est une sorte de détachement à gauche du possesseur (« Jean »).

    Lorsque le groupe nominal est introduit par un article indéfini ou par un numéral.

    Hélène a un beau chat (énoncé canonique). Dans ce cas, le nom peut ête disloqué (ici, « chat »). Hélène en a un beau de chat.

    J'ai acheté 5 journaux (énoncé canonique). Dislocation à gauche : des journaux, j'an ai acheté 5 ; dislocation à droite : J'en ai acheté 5 de journaux.

    Seule la dislocation à droite est possible.

    Le détachement multiple concernant plus du'n groupe nominal est possible. Ex. : Marie déteste Pierre (énoncé canonique) ; détachement multiple : Marie, elle le déteste Pierre. Pierre, Marie elle le déteste. Elle le déteste Marie, Pierre (familier).

    En français populaire, le pronom de reprise peut manquer dans une construction disloquée à gauche. Ex. : On ne se plaint pas du boulot (énoncé canonique) ; Dislocation à gauche : le boulot, on s'en plaint pas (familier). En français populaire : le boulot, on se plaint pas (il manque le pronom de reprise).

    Parfois, le pronom de reprise n'est pas évident. Ex. : Ses souliers j'écrase les pieds de tout le monde (populaire). En français standard, on aurait : Avec ses souliers, il écrase les pieds de tout le monde.

    Ces compléments détachés en position frontale sans reprise sont fréquents dans la langue parlée. Ex. : 10 euros, vous auriez ? (dislocation à gauche sans pronom de reprise). Même de moi il se méfie.

    Cela ne constitue pas à proprement parlé une faute de grammaire. Cependant ce genre de structures s'utilisent peu à l'écrit. Elles sont essentiellement orales et populaires.

  • L'extraction

  • L'extraction est un procédé emphatique

    L'élément extrait est le rhème. Ex. : Quand est-ce qu'on ramasse les oranges. C'est en décembre qu'on ramasse les oranges (thème : on ramasse les oranges à un moment donné ; rhème : en décembre). Il s'agit d'une phrase clivée. Qui a installé la patinoire ? c'est la Mairie qui a installé la patinoire (extraction, focalisation ; thème : quelqu'un a installé la patinoire ; rhème : la Mairie).

    L'extraction permet de mettre en relief le rhème : focalisation.

    Il peut y avoir des cas où il se produit une thématisation et une focalisation. Ex. : Qui a installé la patinoire ? La patinoire, c'est la Mairie qui l'a installée.

    Ces constructions ne sont pas des fautes contre la norme grammaticale. Elles s'utilisent davantage à l'oral qu'à l'écrit.

  • La syntaxe des sujets

  • Le français parlé utilise rarement en position de sujet des groupes nominaux indéfinis. Ex. : Des gens passaient dans la rue. Un chien n'aboyait pas.

    La tournure la plus naturelle consiste à présenter le sujet par il y a. Ex. : Il y avait des gens qui passaient dans la rue. Il y avait un chien qui n'aboyait pas.

    A l'oral, un locuteur dira : il y a quelques entreprises qui sont devenues énormes. En écrivant, il dira : Quelques entreprises sont devenues énormes.

    Dans la langue parlée familière, la tournure en il y a est grammaticalisée (figée) au point que le verbe il y a (avoir impersonnel) a totalement perdu son sens de verbe d'existence et il peut apparaître à côté d'un autre il y a qui a conservé ce sens. Ex. : C'est un épicier qui fait l'inventaire de ses produits : qu'est-ce qu'il y a encore qu'il ya pas. Le premier ne veut rien dire et le deuxième conserve son sens de verbe d'existence. Traduction : ¿Qué es lo que falta todavía ? Français courant : Qu'est-ce qui manque ?

    THEME 3

    LE FRANÇAIS BRANCHÉ ET LES ARGOTS

    Le français se renouvelle actuellement très vite. Il surgit constamment en français commun des néologismes.

    Le français commun est le parlé parisien d'un certain niveau socioculturel qui s'est imposé dans les provinces où il s'est superposé aux parlés locaux.

    Il suffit de lire un journal comme Libération, un magazine comme Le Nouvel Observateur, pour voir la vitesse à laquelle évolue le lexique en français contemporain. En réalité, il s'agit d'un phénomène de mode favorisé en grande partie par les médias : la presse, la télévision, le cinéma et aussi, dans une grande mesure, la publicité. Il s'agit d'un phénomène essentiellement parisien et de là, il se répand généralement dans d'autres noyaux urbains.

    A l'intérieur de ce phénomène de mode qui touche surtout le lexique, il faut distinguer deux possibilités différentes : d'une part il peut s'agir de mots de l'ancien fonds qui n'étaient plus usités et qui pour une raison concrète redeviennent à la mode et sont très utilisés ; un exemple est le mot « chianlit » : il a été remis à la mode par le Général de Gaulle en mai 1968 : « la réforme oui, la chianlit non » la revuelta sí, el follón no). Cependant, la source principale de renouvellement de la langue n'est pas dans l'ancien fonds mais dans des mots et des expressions qui viennent de l'argot. Un exemple récent est le verbe assurer.

    • En français commun (courant), assurer est transitif : j'assure ma voiture.

    • Depuis quelques années, assurer fonctionne comme un intransitif avec un sujet animé : il assure vachement en anglais (français courant : il est très fort (très compétent) en anglais) ; vas-y assure : sois habile.

    La diffusion de ce verbe est due en grande partie à une publicité pour la marque de vêtements “Rodier”: « Elles assurent en Rodier » (están a la altura, triunfan, dominan la situación).

    Ça décrit les femmes d'aujourd'hui qui réussissent, sont à la hauteur en s'habillant en Rodier, elles dominent la situation).

    Ces verbes modernes sont polysémiques, leurs sens varient selon la situation:

    • “Il faut assurer” (l'enfant n'arrive pas à temps pour s'asseoir dans un siège libre)

    • Emploi récent du verbe: origine d'une expression qu'utilisent les loubards (lubs) des gens marginaux qui habitent dans les banlieues. Habillés en blousons de cuir noir, ils ont l'expression: “Assurer son cuir” (pouvoir porter leur blouson de cuir dans la rue en toute tranquillité sans craindre personne)

    • Emploi transitif (à partir de là, ça dérive vers un emploi intransitif avec le sens de rester maître de la situation. Ex. : « Il faut assurer »

    A travers la publicité, ce verbe est passé de l'argot des loubards au français branché, puis du français branché au français familier, puis au français commun (non soutenu) :

    - Il assure sec / un max au niveau fringues

    Ici, sec et un max sont des intensifiants qui ont le sens de : énormément, beaucoup... Ce sont des expressions tout à fait communes en français Branché.

    Le français branché

    Il est la source principale des néologismes du français commun. C'est une variété du français Contemporain qui s'est développée dans les années 1980 et qui a une diffusion très large dans des couches très différentes de la société française.

    Le français branché est parlé par les intellectuels, par la bourgeoisie, par les jeunes: ce n'est pas restreint à un groupe comme les argots.

    Être branché (remplace le terme “in”: être in) Être au courant des évolutions de la mode (Être à la mode, (a la última, al loro)).

    Il y a une comparaison entre l'homme et l'appareil électronique qui serait branché à une prise de courant. C'est un terme emprunté à l'univers musicos (-os, suffixe argotique).

    • Ça me branche : ça m'intéresse, ça me passione, ça me plaît. Ça me brancherait de venir avec vous : j'aimerais bien, ça me plairait de venir avec vous.

    • Il est branché cinéma / jazz : il est passionné de cinéma / jazz.

    Comme synonyme de branché, on dit aussi: chébran (on intervertit les deux syllabes : verlan (la langue à l'envers)). Le verlan est un type d'argot qui consiste à intervertir les sylllabes selon des règles précises; surtout parlé en banlieue.

    Le terme débranché signifie ringard (démodé (pasado de moda), vieillot). Il s'applique à des noms animés et non-animés.

    Machin (fulanito, on connaît pas son nom), c'est qu'un vieux ringard.

    “Ringard” s'applique à tout ce qui est d'un goût douteux : un spectacle, un film, une blague (ringarde).

    “Un baba*” -> un ex hippie

    Un baba est hyperringardos : “hyper” (préfixe intensif branché)

    Un baba-cool (décontracté, détendu), aussi: “coolos”

    *Baba nom donné aux hippies par les premiers punks

    Le français branché est le parlé qui a remplacé aujourd'hui l'argot traditionnel, ce qu'on appelait dans le temps la langue du milieu.

    (Leur argot, l'argot qu'avaient les malfaiteurs). Milieu: los bajos fondos, le monde des malfaiteurs.

    La langue du milieu est très peu utilisé maintenant. À sa place, le français Branché.

    À côté du français Branché il y a aussi les argots, caractéristiques de groupes sociaux concrets: l'argot des prisons, l'argot des grandes écoles, etc.

    Par définition, l'argot est la langue utilisée par des communautés restreintes à des fins cryptiques.

    La fonction cryptique est essentielle dans les différents argots (on parle en argot pour ne pas être compris d'autrui (des gens externes au groupe).

    Il faut tenir compte aussi de la connivence : la reconnaissance d'un groupe de personnes comme appartenant à un même groupe social, et finalement le plaisir ludique (pour s'amuser).

    Dans le cas du français branché, la fonction cryptique est très secondaire étant donné qu'il est utilisé par une grande partie de la société.

    Le français branché ne correspond pas à un groupe social concret. Il a une fonction essentiellement ludique de connivence, cela fonctionne comme un signe de reconnaissance pour ceux qui le parlent.

    Les parlés branchés sont diffusés dans toute la population francophone à travers les médiats et la publicité et ils se renouvellent constamment.

    Par ailleurs, à partir du début du XXe siècle, il y a un argot commun qui s'est développé à partir des argots traditionnels, des jargons techniques et même des parlés branchés contemporains:

    • Le boulot

    • Bosser

    • Les godasses

    • La flotte

    • Le pinard

    • La piaule (français courant : la chambre)

    Ce sont plutôt des mots du français familier.

    Ils appartiennent à l'argot commun : même s'ils ne sont pas utilisés activement par tous les francophones, ils sont connus par la plupart d'entre eux et ils sont généralement bien tolérés.

    Le français branché est un fait de mode. On peut le définir comme étant une variété du français contemporain. A partir des années 1980, parce que c'est un fait de mode, il est sans cesse en évolution. Le français branché ne peut pas s'identifier avec une catégorie socioprofessionnelle.

    C'est la langue courante d'un grand nombre de personnes qui appartiennent à des milieux très différents.

    LES CARACTÉRISTIQUES DU FRANÇAIS BRANCHÉ

    Une caractéristique du français Branché, est que ce n'est pas seulement une variété orale. C'est aussi un français écrit qui est utilisé couramment dans des journaux, des magazines (Libération, Le nouvel observateur, L'Express, Le Monde). Le public de tous ces journaux est très large et il ne correspond pas à un groupe social donné.

    Son caractère de langue à la fois orale et écrite, à la différence des argots (oraux). Le français Branché se répand très vite à travers la presse et surtout la publicité.

  • Changement syntaxique ou sémantique des mots

  • Le français Branché n'est pas seulement un lexique. Il présente des caractéristiques syntaxiques qui le différencient du français commun.

    Le lexique du français Branché emploie très fréquemment des termes qui existaient déjà en français commun auxquels il applique un changement sémantique. Le rapport sémantique avec le terme de départ n'est pas toujours évident. Example:

    • “Craindre” (transitif en français courant) : redouter (temer).

    Craindre” est très fréquent en français Branché dans des expressions intransitives comme:

  • Ça craint : sert à qualifier une chose ou une situation de désagréable, sans intérêt, de dangereuse, mauvaise. C'est une appréciation négative, tout à fait floue (imprecisa) par ailleurs.

  • Ce mec, il craint : (emploi branché de craindre et il n'y a aucune idée de crainte là-dedans). Ce mec est ridicule, prétentieux, laid, sale c'est négatif en tout cas.

  • Il y a aussi le néologisme « craignos » (suffixe -os : argot) : ça s'applique à une chose qui emporte des risques (chungo) ou qui est complètement démodée (cutre). Ex. : “Rouler les phares éteints sous la pluie en pleine nuit, c'est craignos, non?” (Conducir con los faros apagados bajo la lluvia, en plena noche, es peligroso, ¿no?); “De toute façon ta caisse (voiture), elle est vachement (vraiment) craignos, si tu veux mon avis” (De todos modos, tu coche, es realmente cutre, si quieres mi opinión).

  • Tout comme assurer, ce verbe craindre est passé d'un emploi transitif en fr. Commun à un emploi intransitif (transformation syntaxique) en français branché.

    • Trouer: il présente une dérivation sémantique difficile à expliquer par rapport au français courant.

  • Trouer : faire un trou (français courant).

  • Ça me troue” (français branché : ça m'étonne énormément)

  • “Tu me troues” (français branché  (évolution sémantique forte aussi)).

    • Éclater : (français courant : voler en éclats)

    En français branché, il y a eu passage de ce verbe éclater à une forme pronominale:

  • S'éclater” (en parlant d'une personne): “Je veux m'éclater dans tout ce que je fais” : ici, il a le sens de s'amuser beaucoup, énormément.

    • « se Défoncer » : à l'origine, ce mot provient du langage de la drogue. Au départ, « bien se défoncer » : prendre une forte dose de drogue. [colocarse (con drogas)]

  • Se défoncer” (en français branché): synonyme de s'éclater [desvivirse, matarse (esforzarse)].

    • L'adjectif raide. En français courant, il signifie « lisse » (les cheveux).

  • En français branché, il deviendra un adverbe d'intensité un peu synonyme de très. Ex. : elle est raide jalmince (elle est très jalouse). Il s'agit d'un changement sémantique et syntaxique (adjectif qui devient un adverbe). Il est raide dingue de toi (il est très amoureux de toi). Il était raide def (défoncé) ; par extension, « raide def » s'implique a quelqu'un qui a subi un choque émotionnel immense : dès qu'elle est entrée, raide def j'étais (me quedé completamente impactado).

  • Ce sont des mots du français courant qui changent de sens. Le problème est que ce sens varie beaucoup selon le contexte ; ces mots sont donc polysémiques.

    Nous avons la même indéfinition sémantique dans le cas de :

    • Super.

    a) C'est super (exprime n'importe quelle valoration positive).

    Ce flou dans l'expression qui est caractéristique du français branché, se retrouve aussi dans le démonstratif neutre ça, très fréquent en français branché. Ex. : ça craint.

    L'expression bonjour, en français branché, peut avoir aussi deux sens opposés.

  • A l'origine, il a été utilisé dans le slogan « un verre ça va, deux c'est trop, et trois, bonjour les dégâts » (una copa no pasa nada, tres copas, es el principio del desastre ». Bonjour ici, signale l'arrivée des dégâts.

  • Cependant, il peut avoir un sens opposé dans : avec les lessive X, bonjour les bactéries (adiós las bacterias). C'est l'emploi de bonjour le plus répandu aujourd'hui ; c'est le comédien et humoriste Colluche qui a popularisé cet emploi dans un de ses sketchs : « alors, celui qui a 5 kilos de linge à laver avec le nouvel Omo qui lave à travers les nœuds, il fait les nœuds le lundi. Il fait la lessive le mardi. Et puis, il a le reste de la semaine pour défaire les nœuds. Parce que les nœuds qui ont été à l'eau, bonjour ! » (los nudos mojados, no hay nada que hacer).

  • Bonjour l'odeur ! (quelle odeur désagréable : ¡Vaya peste !)

    J'ai retrouvé un job, mais alors bonjour la galère ! (he encontrado otro trabajo,

    - Galérer

    Tu vas galérer à te garrer dans le quartier (las vas a ver negras para aparcar en el barrio)

    Il a beaucoup galéré dans sa jeunesse (lo ha pasado canutas/fatal en su juventud).

  • L'antiphrase

  • Elle est très utilisée dans la langue parlée en général et est un procédé très commun en français branché. L'antiphrase c'est lorsqu'on dit le contraire de ce qu'on veut dire ; on la se comprend à partir du contexte.

    • (en parlant d'une femme particulièrement laide) : quelle beauté !

    • (lorsque ça sent très mauvais) : tiens, ça sent la rose ! (¡vaya, huele a rosas !)

    • (demande de déplacer un objet très lourd): pas de problème, c'est léger comme tout! (no pesa nada).

    • (On dit de quelqu'un ): c'est une bête (es un fiera). Il s'agit ici d'un emploi branché. Il ne faut pas confondre avec le français courant : il travaille comme une bête (énormément (trabaja como un animal)) ; Il est bête (es tonto).

    • Ça va faire mal (ça va avoir un grand succès : va a tener mucho éxito).

    • Vous avez là une méchante veste (la veste est très bien) ; si on répond un peu, cela signifie et comment (oui, beaucoup).

  • L'euphémisme et la litote

  • Le français branché utilise aussi l'euphémisme et la litote.

    Une litote très connue qui vient de la littérature : va, je ne te hais point (tiré de la pièce de théâtre Le Cid de Corneille ; c'est Chimène qui s'adresse à Rodrigue). « je ne te hais point » sert à lui dire « je t'aime » mais indirectement.

    La litote nie le contraire de ce qu'on veut dire. « Je t'aime » donnera par antiphrase « je te hais » et par litote, « je ne te hais point ».

    La litote est une figure de style qui consiste à atténuer la force d'un énoncé afin de lui donner plus de force paradoxalement.

    Exemples de litote en français branché :

    • c'était pas triste (en parlant d'un voyage): fue un viaje de lo más movido.

    • C'est pas évident (cela se dit de quelque chose de difficile ; cela signifie ce n'est pas si facile, ce n'est pas certain, ce n'est pas clair). Ex. : répondre en anglais à un partenaire qui parle alemand, ce n'est pas évident : contestar en inglés a un interlocutor que habla alemán no es nada fácil.

    • C'est pas dégueu (troncation à partir de dégueulasse (français courant, écoeurant, dégoutant : asqueroso). C'est une litote pour dire de quelque chose que c'est fantastique, très bien.

  • L'abréviation

  • C'est un procédé qui a beaucoup de succès en français branché. Il s'agit de l'abréviation de mots par troncation. Les exemples sont innombrables.

    • Un ado : un adolescent

    • La pub

    • Une manif

    • Un prof

    • Un appart : un appartement

    • Une caric : une caricature

    • Un doc : un documentaire

    • Le p'tit dej : le petit déjeûner

    • Un pro : un professionnel

    • La fac : la faculté

    • Impec : impeccable

    • D'occas' : d'occasion

    • La météo : la météorologie (el tiempo)

    • Sympa : sympathique

    • Il est deb : il est débile (il est bête) ; es anormal, completamente tonto.

    • Quelqu'un est un accro du jazz ; vient de « accrocher » ; être accro : avoir une dépendance de la drogue. Par extension, cela se dit de quelqu'un qui se passionne par quoi que ce soit. Il est passionné de jazz (français courant).

    • Une manip : une manipulation. Peut avoir un sens figuré : la manip du rapport (del informe) Goetler. Tu veux que je te réexplique ou tu as compris la manip ? Quieres que te lo vuelva a explicar o has entendido cómo se hace?

    • Un psy: un psychologue.

    • La déco : la décoration

    • Giga: vient de gigantesque

    • Un/e bourge: un/e bourgeois/e

    • On a fraulé la cata: on a failli avoir une catastrophe (on a été au bord du désastre) ;

    • Un bobo : un bourgeois bohème (personnes qui prétendent être de gauche mais qui mènent en fait une vie tout à fait bourgeoise).

    • Une BD : une bande dessinée. (un comic). Un bédéphile, un amateur de bandes dessinées.

    Il peut aussi y avoir abréviation avec transformation de la fin du mot.

    • un alcolo : un alcolique

    • un dico : un dictionnaire

    • Le dirlo : le directeur

    • Un intello : un intellectuel

    • Le proprio : le propriétaire.

    • Faire quelque chose au piffe : faire quelque chose par intuition, par instinct, un peu au hasard (al ojo).

  • La transformation par suffixation.

  • La langue parlée utilise beaucoup de suffixes. Certains viennent de l'argot traditionnel :

    • -os ; il peut s'ajouter à un mot tronqué :

    • un musicos (un musicien).

    • Tranquillos

      • -ingue :

    • Lourdingue (lourd : pesado),

    • le burlingue (le bureau).

      • -oche :

    • fastoche (facil),

    • la téloche (la télévision),

    • le cinoche (le cinéma),

    • la valoche (la valise).

      • fortiche,

      • amerloque (américain),

      • le fiston (le fils),

      • le mecton (le mec),

      • un bifton (un billet (de métro, argent).

    • L'intensification de l'expression

    • Le français branché utilise beaucoup l'intensification de l'expression au moyen de procédés très divers.

      • Hyper : on s'est hyper bien amusé

      • super : les vacances en Bretagne, c'était super. Tu viendras chez moi demain soir ; oui super.

      • Ultra

      • A mort : il est branché à mort (está muyy a la última)

      • Un max (un maximum) : ça craint un max. Il assure un max.

      • D'enfer : sens : très bon ou très mauvais.

      • Mortel : adjectif qui en français branché est passé en adverbe. Intensif dans le sens de très bien, beaucoup.

      • Plus beau que : Une autre expression intensive qui est passé d'adjectif à superlatif : beau qui est devenu plus beau que. Plus beau que moi tu meurs (titre d'un film, originalement, en 1982). Cela signifie littéralement qu'il est impossible d'être plus beau que moi.

      Cela a donné lieu a beaucoup de calques :

    • plus classe que moi, tu meurs : classe, valoration positive (sens : élégant). Substantif qui fonctionne comme un adjectif.

    • Plus débile, tu meurs : más tonto es imposible. Cette expresion implique toujours une certaine ironie.

    • Les anglicismes

    • Le français branché utilise énormément de lexique emprunté à l'anglais. Parfois, les termes anglais sont employés tels quels, d'autres fois, ils sont adaptés à la morphosyntaxe du français. Il y a énormément d'exemples.

      • Il est too much (trop)

      • quelque chose est un must (qu'il faut savoir, qu'il faut avoir vu, avoir entendu (pour être à la mode))

      • quelqu'un qui est cool (détendu, décontracté (traduction : relajado, guay)). Lorsque quelqu'un s'énerve : cool mon vieux (tómatelo con calma).

      • Faire quelque chose au feeling (sentiment, impression, par instinct (por intuición)). On n'a pas vraiment planifié nos vacances, on va faire ça au feeling : no planificamos nuestras vacaciones, lo vamos a hcer como va saliendo.

      • Faire une overdose: una sobredosis. Une over-dose de beauté: une beauté excessive (una sobredosis de belleza).

      Parmi les anglicismes qui ont été adaptés au français, il y a :

      • Bodybuildé : quelqu'un qui travaille dans un gymnase.

      • Look : il a un look d'enfer (tiene un estilo genial); il est looké d'enfer : tiene un aspecto fantástico. A priori, côté look, le bilan n'est pas brillant : en principio, en lo que respecta al aspecto, el balance no es brillante.

      • Un relooking: changement de style (un cambio de estilo).

      • Sixties: les années soixante (los años sesenta).

      • Loser : un perdant (un perdedor)

      Beaucoup d'anglicismes ont été intégrés aux verbes de la première conjugaison (verbes en -er) : c'est le phénomène du franglais

      • Caller : s'appeler. Salut, on se call demain : adiós, hablamos mañana.

      • Se crasher : s'écraser. Un avion de la compagnie ... s'est crashé au-dessus du Tchad : un avión de la compañía ... se estrelló en Tchad.

      • Quelque part, il fallait bien que les Beattles finissent par clasher : de alguna manera, los Beatles tenían que acabar chocando.

      • Il n'a pas les guts de faire quelque chose : il n'a pas le courage de faire quelque chose.

      Un ispanisme courant en français branché : un macho. Être machiste.

      Conclusion

      Le français branché s'emploie dans toutes les couches de la société, il a aujourd'hui une grande diffusion ainsi qu'une énorme vitalité. Il constitue la source principale de rénovation du lexique du français contemporain et il contribue à sa dynamique.

      LE VERLAN

      Le verlan est la langue à l'envers. Il consiste à permuter les deux syllabes d'un mot. C'est une parlure argotique ; c'est un code, un type de langage cryptique (incompréhensible) qui a une diffusion quand même assez large. Il se parle depuis le début du XXe siècle. Il a commencé à avoir une diffusion plus large à partir des années 1980.

      A l'origine, c'est une langue de délinquants, de groupes sociaux marginaux. Aujourd'hui, c'est également un jeu de langage utilisé par les adolescents mais cela reste très marginal. Le verlan est très diffusé aujourd'hui dans toutes les couches sociales : on le parle beaucoup dans les banlieues mais aussi dans les grands lycées parisiens.

      Il conserve de ses origines de comme langue malfaiteurs, une connotation sociale assez péjorative. La fonction principale du verlan est surtout cryptique.

      Les mots de verlan les plus connus grâce aux médiats, aux films, aux bandes dessinées, etc , sont :

      • meuf : femme.

      • Quem : mec.

      • Quef : flic.

      • ripou : pouri (quelqu'un de corrompu). Aujourd'hui, il fait partie du français commun.

      • Chetron : tronche, (la figure : la cara).

      • chébran : branché

      • chelou : louche, bizarre (turbio, sospechoso)...

      • relou : lourd, chiant.

      • Tromé : le métro

      • féca : café.

      Parfois, la coupure syllabique du verlan ne correspond pas à la syllabation traditionnelle :

      • Pascal : scalpa.

      • Les basquettes (zapatillas deportivas) : squetba.

      Lorsque la première syllabe se termine par une consonne différente de -r ou -l, cette consonne est considérée comme faisant partie de la syllabe suivante :

      La permutation des deux syllabes est parfaitement régulière dans des mots comme

      • parents : les rampa.

      • Garder : dégar

      • Le cognac : le gnaco

      La règle de base du verlan s'applique à des mots bisyllabiques (de deux syllabes). Il traite comme des mots bisyllabiques certaines locutions composées de deux mots :

      • comme ça (así) : sacomme

      • par terre : terpar.

      • Vas-y : ziva.

      Dans le cas des monosyllabes ouverts (terminés par une voyelle), le verlan inverse la consonne et la voyelle :

      • chaud : auche.

      • Chat : ache

      • Bon : ombe

      • Ca : as.

      En ce qui concerne les monosyllabes qui contiennent une semi-voyelle : elle occupe la position initiale :

      • moi : oime.

      • Toi : oite

      • Chien : ienche.

      • Bien : ienb.

      • Pied : iep.

      Les monosyllabes terminés par une consonne suivent un double processus :

      • mec :

      • premièrement, on ajoute un -e muet pour qu'il devienne bisyllabique (mèque) ; ensuite on inverse les deux syllabes (quemè) ;

      • enfin, par un procédé de troncation, on élimine la voyelle finale ; on obtient : quem.

        • Femme : meuf.

        • La fête : la teuf.

        • Un flic : un queuf.

        • La mère : la rem.

        • Le père : le rep.

        La troncation est un phénomène qui n'apparaît pas uniquement dans les monosyllabes.

        • Fais voir (enseñámelo): voirf.

        • Arabe : rebeu. Cela vient de « beurre » qui appartient à l'argot à l'origine. C'est un terme très généralement employé pour désigner les jeunes arabes de deuxième génération (nés en France). Aujourd'hui, ce terme est assez mal vu.

        Les utilisateurs du verlan utilisent un procédé pour se protéger contre la diffusion à grande échelle du verlan : la reverlanisation.

        Lorsqu'un mot de verlan est trop connu, il peut être codifié de nouveau en lui appliquant une deuxième permutation : ainsi les beurres n'utilisent plus ce mot pour se désigner eux-mêmes ; ils ont reverlanisé le mot en rebeu.

        La meuf donne femeu.

        La reverlanisation remplace les autres voyelles par -eu et -e ; elle permet de renouveler le lexique sans sortir du cadre du verlan.

        Le verlan n'est pas parlé couramment par l'ensemble de la population ; il y a cependant quelques termes de verlan qui sont très connus comme : ripou, relou, chelou, laisse béton, le zonblou (le blouson)...